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Gérard CHEVAILLIER est Docteur en Médecine depuis 1981, Spécialisé en ORL et en Phoniatrie depuis 1983. Membre se la société de phoniatrie depuis 1983 Il partage son activité professionnelle entre une activité libérale, à Paris dans le 13ème arrondissement et une activité salariée hospitalière en tant que praticien attaché des hôpitaux (Hôpital Lariboisière et Hôpital Bicêtre). Son activité principale est centrée le diagnostic et le traitement des troubles de la voix parlée et chantée ainsi que des troubles de la parole. Il fait partie d’une consultation pluridisciplinaire s’occupant de la Maladie de Wilson au sein de l’Hôpital Lariboisière. Il travaille en relation avec de nombreux professeurs de chant, aussi bien dans le domaine de la voix lyrique que dans le domaine des musiques actuelles. Il a aussi des fonctions d’enseignement au sein de l’Université Pierre et Marie Curie ; il fait partie de l’équipe pédagogique du Certificat de capacité d’orthophoniste au CHU Pité Salpêtrière. Il intervient également au Studio des Variétés dans le cadre d’une formation de formateur en musiques actuelles. Sa rencontre avec David Feron l’amène à conduire une recherche sur les mécanismes vibratoires des voix saturés des chanteurs de rock. Il communique régulièrement au congrès annuel de phoniatrie et a participé à « la voix dévoilée » sous la direction de Richard Cross, Ed Romillat, 1991. Parallèlement à sa carrière médicale, il a créé avec Rolande ALLART un duo vocal, le Zig Duo. Ils ont interprété trois spectacles de chansons des années 1940 qu’ils ont tourné pendant plusieurs années. De 1993 à 1998 il s’est chargé de l’organisation de concerts à l’Hôpital Saint Joseph. Il est mélomane et fréquente régulièrement les salles de concert ; sa dernière trouvaille : la salsa. |
Gérard Chevaillier has been a Doctor of Medecine since 1981, a laryngologist and ENT specialist since 1983. Dr Chevaillier divides his professional activity between his private practice in the 1th arrondissement in Paris and his position as a practitioner at the Hôpital Lariboisière and the the Hôpital Bicêtre. His principal activity is centered on the diagnostic and treatment disorders of the singing and speaking voice. He is a member of a pluridisciplinary consultation group that deals with Wilson’s disease at the Hôpital Lariboisière. He collaborates with many singing teachers who teach different styles, from classical to CCM, and also teachers in the speech therapy division of the Hôpital Salpétrière. He is a teacher of vocal physiology for the pedagogy curriculum at the Studio des Variétés in Paris, where he met David Feron, with whom he began researching the vibratory mechanisms of “saturated voice” used by rock singers. He regularly contributes to the annual laryngologist’s conference and participated in Richard Cross’s book “La Voix Dévoilée”, Ed. Romillat, 1991. Parallel to his medical career, he created a vocal duo called “Zig Duo” with Rolande Allart, with whom he sang songs from the 1940’s for many years. From 1993 to 1998 he was in charge of organizing concerts at the Hôpital St Joseph. He is a music fan and goes to concerts regularly; his latest passion: salsa!
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La « voix saturée » du chanteur de rock, un mécanisme performantObjectifs : Le but de cette étude est de définir et de comprendre les mécanismes de production de la « voix saturée » chez les chanteurs de rock, de vérifier s’il existe des corrélations entre les sensations ressenties par le chanteur et les mécanismes de production du son laryngé qu’il utilise, et enfin de répondre à la question de la dangerosité qu’un tel mécanisme peut faire encourir aux cordes vocales. Méthode : Nous avons enregistré un professeur de chant et deux de ses élèves utilisant la technique de la voix saturée. Nous avons pratiqué une étude perceptive, une étude spectrographique à partir de l’EGG et une étude vidéo-stroboscopique du larynx en fibroscopie. Les enregistrements ont été effectués sur la voyelle /e/ ton par ton du grave à l’aigu, et sur des glissandos. Résultats : L’analyse vidéo couplée à l’analyse spectrale nous permet de dire que la voix saturée nécessite la mise en oeuvre d’au moins deux vibrateurs : les cordes vocales associées à un vibrateur supra glottique : les bandes ventriculaires, les aryténoïdes ou l’épiglotte. Les sons graves nécessitent la mise en jeu des bandes ventriculaires, alors que les sons aigus mettent en jeu les aryténoïdes et/ou l’épiglotte. Nous n’avons pas pu mettre en évidence de relation claire entre les sensations du chanteur et un « pattern » vibratoire donné. Les différentes qualités acoustiques : nasale, vélaire, supraglottique et glotto-vélaire, sont néanmoins bien discriminées en deux catégories par un jury d’expert ; celles qui donnent des sensations vibratoires « en haut » : nasale et vélaire ; et celles qui donnent des sensations « en bas » : supraglottique et glotto-vélaire. Le chanteur va donc se servir de ses sensations (vibratoire et auditive) pour atteindre l’accord phono-résonantiel adéquat. Conclusion : Pour que la voix puisse se « saturer », le chanteur de rock utilise une source vibrante mettant en jeu plusieurs « covibrateurs ». Ce mécanismes est tout à fait similaire à celui décris dans d’autres techniques vocales sous le terme de « period doubling ». Le lexique issu de l’analyse perceptive et utilisé par le chanteur correspond à une métaphore pédagogique au même titre que celles utilisées dans d’autres techniques vocales. Nous n’avons pas trouvé de lésion laryngée chez nos sujets chanteurs. Des recherches supplémentaires sont nécessaires afin de déterminer si une mécanique vibratoire à plusieurs covibrateurs est plus résistante au forçage vocal ou si nous sommes à l’aube de l’apparition d’une nouvelle pathologie laryngée glottique et supraglottique ? |
The “saturated voice” of rock singers: a high performance mechanismObjectives: The goal of this study is to define and comprehend the production mechanisms of the “saturated voice” used by rock singers; to verify if correlations exist between the sensations of the singer and the laryngeal mechanisms, and to establish whether or not these mechanisms may be harmful to the vocal folds. Method: We recorded a singing teacher and two of his students who use “saturated voice”. We then conducted three studies: perceptual, spectrographic (EEG) and a video stroboscope of the larynx. The recordings were done on the vowel /e/, tone by tone from low notes to high, and on glissandos. Results: The video analysis coupled with the spectral analysis shows us that at least two vibrators are necessary to produce this sound: the vocal folds associated with a supraglottic vibrator: The ventricular bands, arytenoids or the epiglottis. The ventricular bands are used for low pitches, whereas high pitches use the arytenoids and/or the epiglottis. We were not able to establish a clear relationship between the singer’s sensations and a given vibratory pattern. Nevertheless, a panel of experts was able to discern two categories of acoustic qualities: those which are felt by the singer as being “high” (nasal and velar), and those which are perceived as being “low” (supraglottic and glotto-velar). The singer can thus use his vibratory and auditive sensations to reach an adequate phono-resonential balance. Conclusion: In order for the voice to be “saturated”, the rock singer uses a vibratory source that puts other “co-vibrators” into action. This mechanism is very similar to the “period doubling” described in other vocal techniques. The lexicon that issues from the perceptive analysis of the vocalist is as much of a pedagogical metaphor as that found in other techniques. We found no laryngeal lesions in the singers we examined. Further research is necessary in order to determine whether a vibratory mechanism which includes co-vibrators is more resistant to vocal forcing or if we are at the threshold of the appearance of a new glottic and supraglottic laryngeal pathology? |