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Jean Nirouët, contre-ténor, chef d'orchestre, enseignant et chercheur Chanteur haute-contre et professeur de chant au Conservatoire Régional de Tours (France), Jean Nirouët a depuis très longtemps été intéressé par les recherches historiques d'interprétation. Vers 1980, au moment où la musique baroque connaissait une remarquable renaissance en France, il a eu la chance de rencontrer et de travailler aussi bien avec Philippe Herreweghe, Jean-Claude Malgoire, William Christie ou Philippe Beaussant qu'avec leurs "précurseurs" Charles Ravier, Antoine Geoffroy Dechaume ou Michel Corboz entre autres. Cela lui a donné le goût des recherches historiques alors qu'il gardait un recul et une grande liberté d'approche dans sa lecture des traités anciens et dans sa vision des interprétations baroques actuelles. En effet, il a très tôt écouté avec passion toutes sortes de musique classique et d'opéra, découvrant non seulement les chanteurs les plus célèbres mais aussi nombre d'enregistrements anciens, en 78 tours ou dans leurs repiquages sur disques. Cela l'a conduit à toujours confronter les modes nouvelles avec des interprétations plus anciennes quelquefois ignorées, d'autres fois incomprises, voire même sous-évaluées par une bonne partie des "connaisseurs". C'est pour cela qu'il a cherché également à travailler avec les tenants d'une tradition totalement différente et plus ancienne et spécialement avec Germaine Lubin, elle-même élève de Martini, de Lilli Lehmann et enfin de Félia Litvinne ou avec Gérard Souzay assisté de Robin Bowman qui transmettait de son côté l'héritage de Pierre Bernac. Il a également étudié avec Jacqueline Bonnardot et Christiane Eda-Pierre et cela lui a permis d'être le premier "contre-ténor" moderne à intégrer la classe de chant du Conservatoire National Supérieur de Paris malgré tous les préjugés qui régnaient alors envers cette manière de chanter pour un homme. Il en est sorti avec un Premier Prix de chant et d'Analyse Musicale (classe de Betsy Jolas et de Bernard Foccroule) avant d'obtenir des récompenses internationales: Premier Prix du Concours de 's-Hertogenbosch (1981), Lauréat des concours Maria Callas d'Athènes, J-S Bach de Leipzig ou Myriam Helin d'Helsinki. Fortement engagé dans l'interprétation de la musique baroque sur instruments anciens ou modernes, à l'opéra ou au concert, il a néanmoins régulièrement assuré ou provoqué de nombreuses créations contemporaines. Parallèlement, il a chanté de la musique renaissance et médiévale avec des spécialistes reconnus comme Gérard Geay ou Dominique Vellard, mais a toujours continué de chanter la mélodie française ou le Lied, malgré les a priori qui sévissaient mais soutenu par les encouragements de personnalités comme Henri Sauguet, Jean Giraudeau ou Irène Joachim. Outre de nombreux concerts et représentations d'opéra, il a participé pendant une trentaine d'années à de nombreux enregistrements (Télévision, Radio, Disques ou CDs) souvent récompensés par la critique (Grand Prix du disque pour l'opéra Dorilla de Vivaldi) … En contrepartie, dans son enseignement, il s'est petit à petit spécialisé dans l'étude de la technique vocale, du répertoire et de l'interprétation du 19e siècle pour lequel il a une prédilection qui surprendra peut-être mais qui est d'autant plus vive qu'il ne chante que peu ce répertoire professionnellement. Collectionnant les partitions, les livres et les disques anciens, il poursuit ses recherches sous l'égide de l'Université François Rabelais de Tours et procède à une écoute minutieuse et constamment renouvellée des premiers témoignages enregistrés, confrontés à la lecture des traités ou des critiques du temps pour en comprendre le sens musical, esthétique et historique de plus en plus finement. Grâce à cela il est en mesure de dissiper un certain nombre de préjugés sur la pratique et l'évolution de l'art lyrique du 19e au 20e siècle. Grâce à ses recherches en constant approfondissement, il a d'ailleurs également souvent pu enrichir sa grande expérience de la musique baroque et de son interprétation, quelquefois même de façon surprenante et inattendue, mais aussi très probante. Musique et déclamation française, une recherche historique pour mieux comprendre les enjeux actuels de l'interprétation de l'opéra et de la mélodie française.A l'écoute d'enregistrements anciens de grands acteurs du passé, nous trouverons de nouveaux moyens pour apprécier avec précision la richesse de la diction lyrique française ancienne. Nous chercherons ainsi à pénétrer et à ressentir la valeur de ce qui nous semble irrespectueux de la lettre des partitions quand nous écoutons nombre d'enregistrements de chanteurs anciens célèbres et reconnus de leur temps. Cependant leur fluidité rythmique remarquable autant que leurs licences pouraient être assumées et non seulement copiées par des chanteurs actuels s'ils étaient profondément pénétrés de leur logique, de leur dosage juste et de leur expression en relation étroite avec le texte poétique et musical. Mais notre étude resterait incomplète si elle n'envisageait pas le rapport à la voix elle-même et à sa nécessaire maîtrise d'une palette de couleurs et de nuances infiniment riche pour aboutir à une interprétation réellement raffinée, qui révèle ou exprime le sentiment poétique ou dramatique scellé au plus profond de la musique. |
Jean Nirouet was born into a musical family and undertook his vocal studies under the guidance of such celebrated luminaries as Germaine Lubin, Jacqueline Bonnardot, Gérard Souzay and Christiane Eda-Pierre. His naturally beautiful countertenor voice and fine musicianship enabled him to be the first French countertenor to enter the Paris Conservatory and to win international recognition both as a baroque singer and as a melody and Lieder artist (he won first prize of the ‘s-Hertogenbosch Competition in 1981). He has sung with Malgoire, Bezzina, Ravier, Kuentz, Colusso, Christie, Jacobs, Farncombe, Herreweghe, Hager, Octors, Devos, Joel Cohen, Schnitzler and Michel Plasson, and has created both on stage and in recitals the contemporary works of Prodromidès, Adrienne Clostre, Ducol, Pauset, Jansen, Gousset, Aurel Stroe etc. He now consecrates much of his time to research on historical interpretation and the analysis of early music recordings, as well as devoting time to teaching and conducting.
Early French singing diction: historical research to better understand the sources of modern interpretation of French opera and art songBy listening to authoritative recordings of the French art of acting-declamation, we will find new resources to fully appreciate the richness of early French singing diction. We will further understand and feel the inner meaning of what may seem disrespectful to the letter of a composer's score in old recordings of major artists of the past. If contemporary singers are deeply in touch with the logic, correct dosage and expression, in relation to both the poetry and the music, they will be able to fully integrate, rather than merely imitate, these great singers of the past. For our study complete, however, we must also take into account the different uses of the voice itself: which must have an infinite number of vocal colours and nuances to fulfil a genuinely refined interpretation and reveal or express the poetic or dramatic feeling inherent in the music. |